Se prémunir des risques de coupure d’électricité
Quels pourraient être les impacts sur les systèmes d’information en cas de rupture d’approvisionnement en électricité ? L’actualité oblige les DSI à intégrer ce nouveau risque, du plan d’urgence à une réflexion plus poussée sur la conception même des SI.
RTE a été explicite. Avec des températures durablement en dessous de 7 à 8 °C sous les normales saisonnières, le niveau d’importation d’électricité « pourrait atteindre la limite technique acceptable pour le réseau français ». Lundi, le mercure était à 5 °C en deçà de ces fameuses normales et la météo annonce un nouveau refroidissement pour ce week-end. Cet hiver 2009-2010 nous rappelle que l’énergie électrique n’est pas la ressource disponible sans limite que nous avons toujours considérée. Un état de pénurie appelé à perdurer. Si, par le passé, les coupures étaient liées à des catastrophes naturelles – tempête, neige –, la situation actuelle est structurelle et non conjoncturelle, comme le note une étude du Sénat.
Dans les prochains jours, RTE pourrait être amené à effectuer des arbitrages auprès de ses clients, notamment autour du pic de consommation vers 19 h 00, au moment où les ménages rentrent chez eux. Or, comme le relève Julien Cabot, manager de la Practice Management de SI chez Octo Technology, c’est aussi à cette heure-là que débute le démarrage des batchs quotidiens de traitement des entreprises. « Une limitation de la distribution en kilowattheures provoquera l’activation des onduleurs et des générateurs de secours pendant quelques heures. Mais ils ne sont pas prévus pour des arrêts massifs, voire répétés. Quel pourrait être l’impact, sur les centres de données, d’une chute de tension, d’un appauvrissement de la distribution de l’énergie électrique », s’interroge-t-il.
Arbitrer en faveur des applications critiques
Les DSI ne pourront faire les frais d’une réflexion de fond. Pour Julien Cabot, « il convient d’intégrer les limites énergétiques, au même titre que les limites des débits réseaux ou de performance ». Compte tenu de l’éminence du risque, les DSI doivent tout d’abord bâtir un plan d’urgence, fondé sur la préservation des systèmes critiques pour le métier. « En cas de pénurie, on ne pourra pas faire fonctionner l’ensemble du système d’information. Il faut donc arbitrer en faveur des applications critiques, des applications business versus les applications secondaires. Mais aussi, réduire les capacités de traitements des fermes de serveurs Web ou, pour les banques, des grilles de calculs. »
Un traitement en temps réel ou au fil de l’eau des batchs
Sur le moyen terme, la réduction de la consommation électrique passe par la virtualisation ou/et une architecture plus frugale. « Entre 500 W environ pour un serveur Fujitsu Primergy et 5 000 W pour un serveur IBM z/OS, la consommation n’est pas la même. On peut jouer aussi sur l’architecture applicative et fonctionnelle en répartissant, notamment, la distribution des batchs. » Ce qui passe par une stratégie temps réel ou au fil de l’eau des batchs pour utiliser les plages creuses et non le seul créneau de 19 h 00-21 h 00.
Sur le long terme, une véritable stratégie de développement durable doit être envisagée. « Non pas de Green IT mais de Green SI ou plus. » Pour Julien Cabot, la problématique dépasse le cadre de l’optimisation des infrastructures IT. Il s’agit de revoir la conception même des systèmes d’information, leur architecture. Comment utiliser au mieux la puissance de calcul et les ressources inutilisées.
Sources : 01net

