
|
Contrôle interne, réseau de déontologues, système d’alerte éthique… Une étude de Vigeo détaille les stratégies anticorruption des entreprises européennes. SAP et Steria font figure de bons élèves. Résultat : le secteur européen des logiciels et services obtient une note de 45 sur 100. Soit pile-poil la moyenne européenne, toutes activités confondues. Le secteur matériel et équipement informatique fait légèrement mieux, avec 53 sur 100. « L’informatique ne fait pas partie des domaines les plus exposés tels que le pétrole, le gaz, l’aéronautique ou le secteur de la Défense, tempère Jean-Philippe Rouchon, analyste au sein du service investissement socialement responsable (ISR) de Vigeo. Nous avons établi une pondération de 1 à 3 en fonction de l’exposition aux risques de corruption. Les deux secteurs IT ont été pondérés à 1. » Ce qui n’empêche pas les sociétés informatiques d’être concernées par le problème lors de passation de marchés entre entreprises de secteurs différents. Exemple type : un éditeur partenaire d’une entreprise évoluant dans la Défense dans le cadre d’un appel d’offres. Une culture d’entreprise ?En tête des bons élèves luttant contre la corruption, on trouve SAP. Son score élevé (76 sur 100) est à mettre à l’actif de son réseau décentralisé de compliance officers, chargés d’assurer l’intégrité des opérations au sein des différentes entités du groupe. « Si, dans une multinationale, il n’y a qu’une seule personne en charge de la prévention, il lui sera difficile de savoir si une filiale située dans pays lointain est à l’origine d’un acte suspect. » D’autant que dans beaucoup de pays, les cadeaux d’affaires font partie de la culture d’entreprise. « Il faut pouvoir poser des limites sur les montants des cadeaux rapportés au niveau de vie local », note Jean-Philippe Rouchon. Autre bon point au crédit de SAP, l’éditeur travaille aussi avec Transparency International, une ONG basée à Berlin. A la deuxième place du classement, on trouve Steria. Non seulement la SSII française a mis en place des dispositifs de contrôle interne et une alerte éthique(*) pour remonter les cas suspects mais elle communique aussi sur le nombre et la typologie des cas ainsi que sur les actions correctives engagées par la suite. A contrario, l’étude note qu’un certain nombre d’entreprises – à l’image de Capgemini – s’en tiennent au système d’alertes sans suivi des incidents remontés. *Un système d’alerte éthique ou whistleblowing (coup de sifflet) permet à tout employé de dénoncer notamment des faits de délit d’initié, de conflit d’intérêt ou de divulgation d’information confidentielle. La lutte contre la corruption fait partie des champs autorisés par la Cnil. Sources : 01net |



